Europe : Retours excessifs, coût climatique
Une étude de la VUB, menée auprès de près de 10 000 consommateurs en ligne dans dix pays européens, révèle qu’une minorité d’acheteurs concentre l’essentiel de l’empreinte carbone des retours. Si seulement 15% des clients renvoient leurs achats de manière répétée, ils génèrent près de 60% des émissions de CO₂ liées à cette pratique.
Ces « retourneurs en série » commandent en moyenne quinze articles par an contre deux pour les autres, non pas en raison d’un volume d’achat supérieur, mais d’une attitude qui transforme le retour en outil de décision différée. La facilité des plateformes et l’absence en magasin de certaines marques ou tailles encouragent l’achat simultané de plusieurs options, tranché ensuite à domicile.
L’impact environnemental est significatif. Un retourneur fréquent émet environ vingt kilogrammes de CO₂ par an du seul fait des renvois, contre trois kilogrammes pour un acheteur classique. Au-delà du coût logistique, les retours multiplient les transports, les emballages et les manutentions. Pour Greet DeKocker, de Becom, la responsabilité incombe également au consommateur, qui doit prendre conscience des effets de ses commandes multiples. Les grandes enseignes renforcent ce phénomène en joignant systématiquement étiquettes et QR codes de retour, ce que regrette Cécile Fisset, gérante de la librairie Wolu Press, qui observe une hausse corrélative des renvois en magasin.
Face à cette dérive, plusieurs pistes émergent. Greet DeKocker préconise l’instauration de frais de retour afin de dissuader les comportements abusifs, tandis que Kathleen Cauwelier, chercheuse à la VUB, propose de cibler exclusivement les retourneurs en série tout en maintenant la gratuité pour le consommateur ordinaire. L’intelligence artificielle offre une autre voie en affinant les suggestions de taille et en réduisant l’incertitude à l’achat. Les auteurs de l’étude appellent enfin à une information plus rigoureuse sur les produits et à un examen critique des techniques commerciales qui favorisent l’impulsivité.
Éditeur responsable Bamtv

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