Culture : Louxor rouvre deux tombes millénaires au public
Le jeudi 14 mai 2026, le ministre du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy, et le gouverneur de Louxor, Abdel Muttalib Emara, ont inauguré les tombes d’Amenhotep « Rabouya » et de son fils Samut, respectivement répertoriées TT416 et TT417. Situées dans la zone d’El-Khokha, sur la rive ouest de la ville, ces sépultures ont rouvert après plusieurs années de restauration et d’aménagement. Le ministre a rappelé que la sauvegarde du patrimoine archéologique demeurait une priorité essentielle pour en assurer la transmission aux générations à venir. Il a présenté l’opération comme un chantier de longue haleine, mené de 2015 à 2026, et a adressé ses remerciements au gouverneur ainsi qu’à l’équipe scientifique pour l’aboutissement des travaux. M. Fathy a également indiqué que le recours au secteur privé pour la gestion des services aux visiteurs, placé sous le contrôle strict du ministère, contribuerait à améliorer l’accueil sur site. Il a insisté sur le fait que tout développement devait s’accompagner de mesures de conservation rigoureuses, adossées à des indicateurs d’évaluation précis. De son côté, le gouverneur Emara a souligné que Louxor continuait de livrer de nouvelles découvertes grâce à l’action du ministère et des missions archéologiques. Il a réaffirmé la place de la ville comme capitale du tourisme culturel et mis en avant les efforts de modernisation en cours. Il a annoncé que le programme d’assainissement « Vie décente » serait déployé dès juillet afin de protéger les sites de la rive ouest contre les remontées d’eaux souterraines, en amont de la haute saison touristique prévue en octobre. Le secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, Hisham El-Leithy, a pour sa part estimé que la réouverture de ces deux sépultures restaurées constituait un apport significatif pour le patrimoine national, au regard de leur intérêt historique et culturel exceptionnel. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreCulture : L’Afrique à l’honneur à Venise
Au cœur de la Sérénissime, un fragment de Somalie s’invite derrière les murs d’un édifice transformé en salon traditionnel pour la première participation du pays à la Biennale de Venise. La poésie, pilier des structures sociales somaliennes, y occupe une place centrale, comme le rappelle le commissaire Mohamed Mire : vecteur essentiel de transmission du savoir et des récits de génération en génération. Installé au Palazzo Caboto, entre les Giardini et l’Arsenale, le pavillon réunit les artistes Ayan Farah, Asmaa Jamaa et Warsan Shire sur trois niveaux. Ayan Farah y déploie des œuvres méditatives et sereines, invitant le spectateur à une immersion sensorielle où l’interaction entre l’humain et la nature devient tangible, malgré l’éloignement géographique. Le pavillon du Sénégal, quant à lui, place l’or au centre de la réflexion portée par Caroline Gueye. Le métal précieux, indissociable de l’histoire nationale, y est questionné dans sa valeur symbolique et exclusive. Massamba Mbaye, commissaire du pavillon, souligne combien l’art peut renverser les perspectives : si l’or cristallise les luttes, c’est avant tout pour une question de perception. Dans un autre univers, ce même matériau pourrait être affranchi des conflits qu’il engendre et se voir attribuer de tout autres usages. L’invitation à repenser les hiérarchies établies traverse ainsi l’ensemble de la proposition. Pour sa seconde présence à la Biennale, l’Éthiopie confie à Tegene Kunbi l’exploration du silence comme condition sociale et politique. Ses monumentales abstractions chromatiques affirment que le silence n’est nullement absence, mais présence dense et signifiante. Non loin, l’artiste sud-africaine Gabrielle Goliath a échappé de peu à la censure de son installation, contestée par le ministère sud-africain de la Culture pour son hommage à la poétesse palestinienne Hiba Abu Nada. Grâce à l’élan de solidarité d’artistes et du public, l’œuvre est désormais visible en l’église Sant’Antonin, témoignant de la force de l’art face aux tentatives de division. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreCulture : Rabat en fresques
À Rabat, des artistes issus de divers horizons ont métamorphosé les édifices de la capitale marocaine en toiles monumentales. Cette transfiguration s’est opérée à l’occasion de la onzième édition du « Jidar Rabat Street Art Festival ». Parmi les créateurs conviés à cet événement figure l’Équatorien Oscar Medina. Les œuvres déployées embrassent une pluralité de thèmes : un oiseau colossal étreignant le soleil et la lune, un portrait énigmatique, des scènes de savane africaine ainsi que des icônes de la vie quotidienne marocaine. « Ma méthode de travail repose systématiquement sur des croquis que je réalise presque quotidiennement, que j’assemble ensuite en de modestes collages. Ainsi, dès l’annonce de ma venue au Maroc, j’ai élaboré une composition à partir d’esquisses antérieures. L’idée maîtresse consiste à évoquer le voyage, la nature et les éléments qui façonnent notre humanité commune », confie Oscar Medina, artiste de rue équatorien. Sur une autre paroi, l’artiste sud-africaine Keya Tama a choisi de représenter un lion majestueux au centre d’un bâtiment ceint de verdure. « En Afrique, de manière générale, ce n’est qu’un commencement, et cela revêt un aspect éminemment positif : tous ceux qui se sont engagés dans l’art mural et qui ont connu la réussite l’ont fait, avant tout, par amour de cet art. Je considère que la dimension communautaire, la sincérité et la communication qui émanent de leurs œuvres occupent une place prépondérante dans le dialogue artistique mondial », précise-t-elle. L’organisation de ce festival a contribué de manière déterminante à la valorisation de Rabat, selon le directeur artistique de la manifestation. « Nous œuvrons sur des fresques de grande envergure, ce qui a ouvert la voie aux artistes de rue marocains. Initialement, il n’existait guère de communauté d’art urbain au Maroc. Toutefois, au fil des années et grâce à des festivals dédiés, une importante communauté d’artistes marocains a émergé. Cela a également profondément modifié la perception que la société marocaine nourrit à l’égard de l’art de rue », déclare Salaheddine Malouli, directeur artistique du « Jidar Rabat Street Art Festival ». Au total, quinze fresques jalonnent les différents espaces de la cité, érigeant Rabat en galerie à ciel ouvert où l’ensemble des esthétiques se trouve accessible à tous. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreCôte d’Ivoire – Culture : Abidjan, la princesse ressuscite
Le plus grand marché du spectacle vivant du continent africain signe son retour à Abidjan. Le MASA 2026 s’empare du Palais de la culture de Treichville, face aux tours du Plateau, et déploie des centaines de représentations, du conte à la danse contemporaine, de la musique aux arts de la rue, devant un public nombreux et intergénérationnel. Au nombre des moments saillants de cette édition figure une création dont l’impact est saisissant : On descend à la Rue Princesse, du chorégraphe ivoirien Massidi Adiatou. Il s’agit d’un hommage vibrant à ce haut lieu de la culture urbaine abidjanaise, disparu en 2012, où l’artiste fit ses premiers pas de danseur de rue, dans le quartier populaire de Yopougon. « Il existe dans cette rue une source telle que la culture ivoirienne a épousé le monde entier. En tant qu’artiste et chorégraphe, avec ces jeunes qui me sont chers, j’ai souhaité que nous contions cette histoire, et que le monde entier la découvre, car elle est belle et elle a enfanté de grandes choses. Je ne veux pas que cela s’éteigne », confie Massidi Adiatou. Durant une heure et demie, une vingtaine de danseurs captivent l’assistance dans une déflagration d’énergie, magnifiée par des costumes carnavalesques flamboyants. Parmi eux, Junior Frisson, de son vrai nom Kouassi Koffi, incarne le séducteur légendaire de la rue, figure irrésistible de ce microcosme. « La rue Princesse exhale une énergie bienfaisante, tout ce qui relève de l’épanouissement et du divertissement. Dans le spectacle, nous représentons la rue Princesse dans une veine futuriste. Nous imaginons ce qu’elle pourrait devenir, peut-être à l’horizon 2030 », estime Kouassi Koffi, dit « Junior Frisson ». Dans le bar recréé par Massidi Adiatou et sa compagnie New Black, l’atmosphère atteint son paroxysme. Jeux de lumière, serveuses aguicheuses, libations abondantes : la rue Princesse ressuscite sous nos yeux, transfigurée. Les jeunes acrobates rivalisent de virtuosité sur une bande-son envoûtante, aux confins de la transe. Karel Tendjou, pour sa part, campe une serveuse de charme et revendique avec fierté l’héritage du coupé-décalé. « C’est du coupé-décalé pur. Cette danse a pour objet de procurer de la joie. Nous partageons notre énergie, nous partageons ce que nous avons de joyeux », explique Karel Tendjou. Le public abidjanais n’a pas boudé son plaisir. « Les mots manquent. C’était… Waouh ! J’ai coutume d’assister à des spectacles, mais ceux-ci… J’ai le sentiment qu’ils ont réussi à fusionner le classique et le coupé-décalé dans une forme inédite. » Les représentations du MASA se poursuivent au Palais de la culture de Treichville ainsi que dans plusieurs communes d’Abidjan jusqu’à ce week-end. Le rendez-vous est d’ores et déjà fixé pour la prochaine édition, en 2028. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreCulture : le Cap-Vert, terre de musique et de créativité
L’archipel du Cap-Vert est une nation qui se définit par sa musique, un patrimoine culturel riche et vibrant qui a conquis le monde grâce à la grande Cesária Évora. Aujourd’hui, les talents continuent de fleurir sur ces îles, et l’Atlantic Music Expo (AME) est la vitrine de cette créativité débordante. Ce marché professionnel et festival grand public a révélé de jeunes artistes exceptionnels, comme Alicia Freitas, une prodige de 16 ans qui vient de signer son premier album avec neuf compositions originales. « Notre culture et notre identité risquent de se fragmenter, faute de passeurs », déclare Alicia Freitas, compositrice et pianiste. « J’espère que d’autres jeunes de mon âge verront les fruits de cet engagement — une tradition qui ne peut pas se perdre. » Ineida Moniz, musicienne cap-verdienne, tisse les rythmes traditionnels de l’archipel aux couleurs du monde contemporain, créant une fusion ancrée et ouverte. « Je maintiens ma capverdianité, tout en insufflant une fraîcheur nouvelle à la musique de l’archipel », déclare-t-elle. Le Matos Trio, une formation en trio née en 2024, aborde la musique comme une exploration de chemins invisibles, où les racines capverdiennes croisent la liberté harmonique du jazz. « La musique capverdienne est universelle », explique Carlos Matos, compositeur et pianiste de jazz. « Il y a là une richesse d’ingrédients qui appelle encore bien des explorations. » L’Atlantic Music Expo cède le pas ce week-end au Kriol Jazz Festival, deux événements qui sont devenus un véritable aimant touristique pour l’archipel. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreRDC/Culture : Simon Kimbangu, le prophète de la libération congolaise
Simon Kimbangu, fondateur de l’une des plus grandes Églises indépendantes d’Afrique, a laissé un héritage indélébile dans l’histoire de la République démocratique du Congo (RDC) et au-delà. Après avoir passé 30 ans en prison, exilé loin de son foyer par les autorités coloniales belges qui considéraient son mouvement comme une menace, Kimbangu est devenu un symbole de résistance et de libération pour son peuple. Son message religieux, axé sur la non-violence, l’autonomie et la résilience, s’est propagé à travers la RDC et a atteint la Belgique, faisant de lui une figure charismatique et influente. Aujourd’hui, des pèlerins affluent vers Nkamba, village situé au sud de Kinshasa, devenu un haut lieu spirituel où les fidèles rendent hommage au prophète. Le 6 avril est officiellement célébré comme la Journée Kimbangu, dédiée à « la lutte de Simon Kimbangu et à la conscience africaine ». Certains le comparent à Nelson Mandela, soulignant un destin marqué par la souffrance et la résistance, mais une reconnaissance internationale plus limitée. L’Église kimbanguiste, officiellement Église de Jésus-Christ sur la Terre par le prophète Simon Kimbangu, revendique entre 6 et 17 millions de fidèles. Son centre spirituel, Nkamba, surnommé la « Nouvelle Jérusalem », incarne le cœur du mouvement. Dans un contexte de crise sécuritaire majeure dans l’est de la RDC, où la ville de Goma est sous contrôle du groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, l’héritage de Kimbangu prend une résonance particulière. Les responsables kimbanguistes rappellent que le prophète s’est sacrifié pour libérer son peuple, tandis que certains intellectuels dénoncent une élite déconnectée, davantage préoccupée par l’enrichissement personnel que par le bien commun. L’héritage de Kimbangu demeure un repère moral pour les Congolais, un appel à la lutte pour les droits et la dignité. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreO.Héritage : l’art de la transmission culturelle
O.Héritage, notre partenaire exposant, vous invite à plonger dans un univers où la culture, le style et la transmission se rencontrent. La marque met en avant des créations qui reflètent des inspirations culturelles et des savoir-faire uniques, racontant des histoires, des identités et des héritages pluriels. Dans le cadre de l’événement « Langues, mémoires et appartenances », O.Héritage vous propose de découvrir un regard différent sur ce qui nous compose. Venez explorer l’univers de la marque et laissez-vous inspirer par la diversité des expressions culturelles. Quand ? Samedi 18 avril 2026, 17h – 20hOù ? Espace Rasquinet, SchaerbeekEntrée ? Gratuite, inscription obligatoire Éditeur responsable Bamtv
Read MoreL’Afrique de l’Ouest médiévale : un héritage de puissance et de culture
L’Afrique de l’Ouest, aujourd’hui divisée en 16 États, a été le berceau de certains des empires les plus puissants du monde médiéval. Entre le VIIIe et le XVIe siècle, la région a été un centre majeur de commerce, de culture et d’organisation politique. L’empire du Ghana, fondé par les Soninkés, a été l’un des premiers à émerger. Il a prospéré grâce au commerce transsaharien de l’or et du sel, et sa capitale, Koumbi Saleh, est devenue un carrefour économique stratégique. Au XIIIe siècle, l’empire du Mali a pris le relais, sous l’impulsion de Soundjata Keita. Il a atteint son apogée avec Mansa Moussa, dont la richesse a marqué durablement les récits historiques. L’empire Songhaï a ensuite dominé la région, développant une administration efficace et contrôlant des villes clés comme Gao et Tombouctou. Plus à l’est, le Kanem-Bornou s’est affirmé comme un empire commercial durable, reliant les routes entre Afrique du Nord et subsaharienne. Ce passé impérial continue d’influencer les identités et les ambitions politiques contemporaines de la région, rappelant l’importance de l’Afrique de l’Ouest dans l’histoire mondiale. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreLa renaissance du Nouvel An malgache : une tradition retrouvée
À Madagascar, la fête du bain sacré, ou Alahamadibe, a été célébrée du 18 au 21 mars au Doany Ambonga Ilaniara, au Sud-Ouest de la capitale Antananarivo. Cette tradition précoloniale, abandonnée depuis des décennies, a été ressuscitée pour redonner vie aux us et coutumes malgaches. « Nous étions plongés dans un profond sommeil, mais aujourd’hui, nous nous réveillons et réalisons que nous sommes malgaches », déclare Mikolo Hasina Ankoay Andrianarisoa, président du comité d’organisation. La foule a répondu présente au stade Mahamasina d’Antananarivo, dansant et appréciant la musique locale. Le caractère sacré de Manjakamiadana, un lieu sacré du XIXe siècle, est en train d’être restauré. « Aujourd’hui, nous avons pu accomplir les rituels librement et dans leur intégralité sur la pierre sacrée, sans aucune entrave », explique Davida Rakoto, organisateur. La transmission de la flamme sacrée entre les quartiers de la capitale marque ce renouveau spirituel et identitaire. « Ambohitrabiby est le berceau du royaume Merina, et célébrer le Nouvel An malgache ici revêt un caractère profondément sacré », déclare Violette Randrianjatovo, directrice adjointe d’une école française à l’étranger. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreLe Festival Amani : La culture comme arme contre l’insécurité à Goma
Le Festival Amani, symbole de la résilience et de la culture dans l’est de la République démocratique du Congo, se tiendra exceptionnellement à Lubumbashi du 10 au 12 avril 2026, en raison de l’insécurité persistante dans la région de Goma. Cette délocalisation est une décision difficile, mais nécessaire, selon Augustin Mosange, directeur du foyer culturel de Goma. Le Festival Amani, créé en 2014, est un événement emblématique qui promeut la paix et le vivre-ensemble dans une région marquée par des décennies de conflits armés. Les habitants de Goma sont déçus de voir le festival quitter leur ville, mais comprennent la décision. Francisca Dev, habitante de Goma, confie : « J’ai été triste, parce qu’on a l’habitude d’organiser ce grand festival qui réunit la population de Goma, qui redonne le sourire à certaines personnes… et voilà, ça a été dur. » Pour les artistes, la musique est un acte de résistance face à l’insécurité. Pinochet Kasay, musicien et participant régulier du festival, explique : « Il y a des messages de paix qui se préparent au niveau local et moi je sais que beaucoup d’artistes qui sont là vont toujours donner de la force à ce festival. » Malgré la délocalisation, l’esprit du Festival Amani reste intact : promouvoir la culture comme levier de paix et d’espoir dans une région où la guerre a trop longtemps tenté de faire taire les voix de la jeunesse. Éditeur responsable Bamtv
Read More