CIProC ASBL : Corps, miroir de nos histoires - Belafrika Media TV

CIProC ASBL : Corps, miroir de nos histoires

Le 10 juin, le CIProC ASBL a réuni cinq voix complémentaires pour son avant-dernier atelier du cycle PCI, autour d’une interrogation intime et universelle : « Corps, santé mentale & estime ». Pendant près de trois heures, femmes migrantes, primo-arrivantes et afrodescendantes ont exploré le lien subtil entre corporalité, émotions et reconstruction. L’idée-force qui a traversé la soirée : le corps n’est pas une simple enveloppe.

Il porte l’empreinte des héritages, des blessures et des résiliences. Janis Ikwa, accompagnante périnatale, a rappelé comment la reconnexion aux cultures afro-caribéennes peut réincarner la féminité, tandis que Tsona Kandas, kinésithérapeute, a invité à transformer le corps de « corps ennemi » en « corps allié », puis en « corps messager » à l’écoute du système nerveux.

Nora Nyembo, accompagnatrice en transition de vie, a élargi la réflexion aux transmissions familiales et culturelles qui façonnent notre rapport à nous-mêmes, affirmant que guérir ne suppose pas d’effacer son passé mais de le convertir en ressource. Dina Djouba, psychothérapeute clinicienne, a quant à elle déconstruit les normes sociales avec cette formule marquante : « Nous sommes la société de notre semblable. Nous sommes bourreau et victime à la fois », soulignant notre responsabilité collective dans la reproduction des injonctions esthétiques. Coryse Mwape, praticienne Reiki et sophrologue, a conclu en ramenant l’attention à l’essentiel : comprendre et respecter les besoins fondamentaux du corps, dans un quotidien qui les néglige trop souvent.

Au-delà des interventions expertes, la force de la rencontre a résidé dans les témoignages. Mettre des mots sur des silences, découvrir que l’on n’est pas seule à lutter contre son image, tisser une solidarité discrète mais réelle : c’est tout l’engagement du CIProC pour l’émancipation des femmes. Cet atelier a rappelé qu’écouter son corps, accueillir ses émotions et reconnaître son histoire constitue la première étape vers une estime apaisée. Et, peut-être, vers une forme de liberté intérieure.

Éditeur responsable Bamtv

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