Zambie : Hichilema mobilise Lusaka à 48h du scrutin
À deux jours des élections présidentielle et législatives, le président sortant Hakainde Hichilema a réuni mardi à Lusaka des dizaines de milliers de partisans vêtus de rouge, couleur du Parti uni pour le développement national. Élu en 2021 après six tentatives, le chef de l’État brigue un second mandat de cinq ans à la tête d’un pays de 22 millions d’habitants, riche en cuivre et présenté comme un acteur majeur de la transition énergétique.
Sur scène, surnommé « HH », il a mis en garde contre un retour de l’opposition et de ses « vieilles habitudes », évoquant l’insécurité qui aurait marqué le mandat précédent. Dans la foule, les revendications sociales restent prégnantes : une infirmière bénévole de 35 ans brandissait une pancarte réclamant de l’emploi, tandis que plusieurs électeurs saluaient l’instauration de la gratuité scolaire comme acquis déterminant.
Face à lui, Brian Mundubile, 55 ans, avocat et ancien ministre, porte les couleurs d’une coalition de petites formations, dont certaines issues de l’ex-parti dominant, le Front patriotique. Candidat sous la bannière du NRPUP depuis mai seulement, il a dénoncé mardi la disparition de trois membres de l’opposition et une série d’arrestations qu’il qualifie d’intimidations politiques. « Cette élection ne doit pas se dérouler dans la peur », a-t-il déclaré, soulignant le « timing inquiétant » de ces faits à la veille du vote. Certains de ses meetings ont été dispersés par la police au gaz lacrymogène, ce qui l’a conduit à privilégier la campagne en ligne. Douze autres candidats sont en lice, mais les analystes anticipent un duel entre MM. Hichilema et Mundubile.
Les enjeux du scrutin sont autant économiques que sécuritaires. Le président sortant revendique la sortie de la Zambie du défaut de paiement de 2020 et un retour à la croissance, projetée à 5 % en 2026. Pour autant, la hausse du coût de la vie et un chômage estimé à près de 10 % pèsent sur le quotidien de nombreux citoyens. Le chef de la police, Graphel Musamba, assure pour sa part que la campagne s’est déroulée dans l’ensemble de manière pacifique, avec seulement « quelques incidents isolés », et promet une conduite non partisane des forces de l’ordre.
Crédit Photo : RFI

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