Togo : l’essor qui bouscule les seuils
Avec une progression de 6,3 % enregistrée en 2025, le Togo se rapproche désormais du palier retenu par la Banque mondiale pour qualifier les économies à revenu intermédiaire inférieur. À Lomé, l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques a publié en mai 2026 les premières estimations des comptes nationaux.
Pour l’exercice 2026, le seuil d’entrée dans la catégorie « revenu intermédiaire inférieur » est fixé à 1 136 dollars. L’écart se resserre donc sensiblement. Porté par une croissance supérieure à 6 % pour la cinquième année consécutive, le Togo pourrait voir son statut évoluer lors des prochaines révisions annuelles de la Banque mondiale, dont la suivante est attendue au 1er juillet 2026. Un tel basculement le placerait aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Bénin, déjà classés dans ce groupe au sein de l’UEMOA.
Ce changement de statut présente toutefois une ambivalence. Pour les investisseurs privés, il constituerait un signal de consolidation susceptible de faciliter les mobilisations de capitaux sur les marchés internationaux. En revanche, il implique en théorie une sortie progressive du guichet concessionnel de l’Association internationale de développement. Dans les faits, la transition demeure graduelle. Le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, reclassés depuis plusieurs exercices, continuent de bénéficier massivement de l’IDA, dont le portefeuille sénégalais atteint près de 2,8 milliards de dollars. L’Afrique subsaharienne demeure d’ailleurs la priorité de l’institution de Washington, qui lui alloue près des trois quarts des décaissements. La 21e reconstitution du fonds, en vigueur depuis juillet 2025, a mobilisé un montant record de 100 milliards de dollars.
Éditeur responsable Bamtv

0 Comments