Niger : Niamey retrouve le calme après une tentative de mutinerie
Le calme est revenu dimanche à Niamey, au lendemain d’affrontements entre l’armée nigérienne et un groupe de soldats mutins. Dans la nuit de vendredi à samedi, ces derniers ont tenté d’investir le complexe présidentiel et se sont retranchés sur la base aérienne de l’aéroport. L’intervention des forces armées, appuyées par les paramilitaires russes de l’Africa Corps, a permis de reprendre le contrôle en fin de journée. Plusieurs assaillants ont été tués et d’autres interpellés, tandis que des images diffusées à la télévision montraient des soldats se rendant. L’accès à la présidence et à l’aéroport a été rouvert dès dimanche matin.
La capitale a repris son rythme habituel. Commerces et marchés ont rouvert, et la population vaquait à ses occupations. « Nous avons passé une nuit d’enfer vendredi. Ce matin, c’est le paradis », confiait un habitant de Talladje, près de la base aérienne. Pour autant, le dispositif sécuritaire demeure renforcé : contrôles aux détecteurs de métaux à l’entrée de la présidence, véhicules équipés de mitrailleuses et militaires déployés sur les axes menant aux institutions. « Ce qui s’est passé relevait de nos affaires entre Nigériens. De tels événements ne doivent plus se reproduire », soulignait un commerçant de la Route Tchanga.
Dirigé depuis juillet 2023 par le général Abdourahamane Tiani, le Niger a resserré ses liens avec la Russie et pris ses distances avec ses anciens partenaires occidentaux. L’Italie maintient toutefois un contingent chargé de former les forces locales, dont le ministre Antonio Tajani a assuré dimanche la sécurité. L’Algérie a envoyé deux avions de patrouille russes, tandis que le Nigeria a exprimé sa « profonde inquiétude » et appelé à un retour à l’ordre constitutionnel. L’Arabie saoudite a pour sa part réaffirmé sa solidarité avec Niamey. Cette mutinerie, la troisième du genre cette année, intervient dans un pays confronté depuis plus d’une décennie à la menace djihadiste, à l’instar du Mali et du Burkina Faso, également dirigés par des juntes proches de Moscou.
Crédit Photo : TF1 Info

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