Nana Benz, l’âme vaudou en piste
L’appellation Nana Benz renvoie, au Togo, à la mémoire de femmes entrepreneures qui, des années 1960 aux années 1980, bâtirent une fortune en important le wax hollandais en Afrique de l’Ouest. Leur aisance, incarnée par les berlines allemandes qu’elles conduisaient, leur valut ce surnom affectueux, devenu depuis emblème d’une réussite féminine et d’une élégance commerciale singulière. C’est à cette figure tutélaire que se réfère le quintet loméen Nana Benz du Togo, en déplaçant l’héritage du comptoir vers la scène.
Produit par Peter Solo de Vaudou Game, le groupe réunit trois voix et deux instrumentistes jouant sur des outils sonores de leur propre facture, façonnés à partir de matériaux recyclés, plastique et métal. Leur musique procède d’une alliance exigeante entre rites vaudou et soul, et vise d’emblée le corps dansant. Il s’agit moins d’une reconstitution folklorique que d’une transmutation : la tradition y devient énergie rythmique, la spiritualité y rencontre l’urgence contemporaine du dancefloor.
Sur scène, Nana Benz du Togo offre une expérience d’une intensité rare, où la gravité ancestrale se mêle à l’incandescence moderne. Leurs concerts, qui ont déjà conduit des milliers de spectateurs européens à l’état de transe, se présentent comme des cérémonies profanes. Rendez-vous le vendredi 15 à 23h sous le Chapiteau I, entrée libre, pour éprouver cette alchimie où la mémoire des Nana Benz se fait pulsation et où le vaudou, résolument féministe et numérique, reprend ses droits.
Crédit Photo : Festival cinémas d’Afrique Lausanne

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