Côte d'Ivoire : Le retour triomphal du Djidji Ayokwe en terre éburnéenne - Belafrika Media TV

Côte d’Ivoire : Le retour triomphal du Djidji Ayokwe en terre éburnéenne

Saisi par les troupes coloniales françaises en 1916, le Djidji Ayokwe, tambour parleur sacré du peuple Ébrié, a solennellement réintégré son berceau ivoirien lors des célébrations de la fête nationale. Ce chef-d’œuvre séculaire en bois polychrome, pesant près d’une demi-tonne, servait autrefois de vecteur de communication stratégique pour sonner l’alarme ou convoquer les assemblées avant d’être exilé à Paris pendant près d’un siècle. Rapatrié au printemps après l’adoption d’un cadre législatif historique en France sur la restitution des biens culturels spoliés, l’instrument a enfin été dévoilé au public lors d’une procession mémorable à Abidjan, ralliant le quartier de Yopougon puis son village d’origine, Adjamé.

L’émotion était palpable parmi les dignitaires et la population locale venus communier autour de ce symbole d’identité retrouvé, accueilli avec ferveur par la ministre de la Culture, Françoise Remarck, et les autorités coutumières. Une cérémonie de libations a été observée pour sceller la réconciliation mémorielle avec les ancêtres, tandis que les édiles et les aînés exprimaient leur fierté de voir leur patrimoine ainsi restauré, indispensable pivot du développement national et de la mémoire collective. Cet instrument d’exception, dont la communauté exigeait le retour depuis 2018, est désormais destiné à trôner au Musée des civilisations d’Abidjan, dont les infrastructures ont été spécifiquement réhabilitées pour l’occasion.

Cet événement s’inscrit dans un mouvement transcontinental irréversible de décolonisation culturelle, faisant écho aux requêtes similaires portées par le Sénégal ou le Bénin. Les institutions muséales et les collectionneurs occidentaux se trouvent aujourd’hui confrontés à une pression éthique accrue pour restituer ces trésors arrachés à l’Afrique. La restitution du Djidji Ayokwe préfigure ainsi une ère nouvelle où la préservation et la mise en valeur du patrimoine autochtone s’affirment comme des priorités géopolitiques et culturelles majeures.

Éditeur responsable Bamtv

Crédit Photo : RFI

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