Culture : L’Afrique à l’honneur à Venise - Belafrika Media TV

Culture : L’Afrique à l’honneur à Venise

Au cœur de la Sérénissime, un fragment de Somalie s’invite derrière les murs d’un édifice transformé en salon traditionnel pour la première participation du pays à la Biennale de Venise. La poésie, pilier des structures sociales somaliennes, y occupe une place centrale, comme le rappelle le commissaire Mohamed Mire : vecteur essentiel de transmission du savoir et des récits de génération en génération.

Installé au Palazzo Caboto, entre les Giardini et l’Arsenale, le pavillon réunit les artistes Ayan Farah, Asmaa Jamaa et Warsan Shire sur trois niveaux. Ayan Farah y déploie des œuvres méditatives et sereines, invitant le spectateur à une immersion sensorielle où l’interaction entre l’humain et la nature devient tangible, malgré l’éloignement géographique.

Le pavillon du Sénégal, quant à lui, place l’or au centre de la réflexion portée par Caroline Gueye. Le métal précieux, indissociable de l’histoire nationale, y est questionné dans sa valeur symbolique et exclusive. Massamba Mbaye, commissaire du pavillon, souligne combien l’art peut renverser les perspectives : si l’or cristallise les luttes, c’est avant tout pour une question de perception. Dans un autre univers, ce même matériau pourrait être affranchi des conflits qu’il engendre et se voir attribuer de tout autres usages. L’invitation à repenser les hiérarchies établies traverse ainsi l’ensemble de la proposition.

Pour sa seconde présence à la Biennale, l’Éthiopie confie à Tegene Kunbi l’exploration du silence comme condition sociale et politique. Ses monumentales abstractions chromatiques affirment que le silence n’est nullement absence, mais présence dense et signifiante. Non loin, l’artiste sud-africaine Gabrielle Goliath a échappé de peu à la censure de son installation, contestée par le ministère sud-africain de la Culture pour son hommage à la poétesse palestinienne Hiba Abu Nada. Grâce à l’élan de solidarité d’artistes et du public, l’œuvre est désormais visible en l’église Sant’Antonin, témoignant de la force de l’art face aux tentatives de division.

Éditeur responsable Bamtv

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