Bodo : le théâtre face au pouvoir
Une œuvre dramatique récemment créée au Zimbabwe ravive le débat autour des projets d’amendements constitutionnels susceptibles d’étendre de cinq à sept ans la durée du mandat présidentiel sous l’administration du président Emmerson Mnangagwa. Depuis plusieurs décennies, la scène zimbabwéenne constitue un instrument d’expression politique d’une remarquable puissance, non sans périls personnels considérables pour les artistes. Certaines productions ont été frappées d’interdiction et des comédiens ont été placés en détention. Dans le contexte actuel, où l’exécutif s’emploie à réviser la Loi fondamentale, l’acteur et metteur en scène de renom Daves Guzha recourt une nouvelle fois au théâtre afin d’interroger l’autorité. Sa dernière création, Bodo, aborde frontalement les amendements envisagés, exprimant des réserves quant à la prolongation du mandat présidentiel et s’interrogeant sur l’absence de consultation populaire par voie référendaire pour une réforme d’une telle ampleur. « Je suis, avant toute chose, un enfant de la guerre. J’ai, en réalité, commencé à m’exprimer dès mon plus jeune âge », a confié Guzha. « Constatant aujourd’hui ce que le gouvernement en place s’efforce de nous imposer, j’ai estimé qu’il était impérieux de faire entendre certaines aspirations du peuple. » Cette production voit le jour dans un climat politique particulièrement tendu, alors que plusieurs figures de l’opposition auraient été arrêtées ou agressées pour avoir contesté les projets de révision constitutionnelle. En dépit de cette atmosphère, Guzha et ses collaborateurs se déclarent résolus à persévérer dans l’usage de l’art comme tribune de délibération publique. Le dramaturge Norbert Fero souligne que l’acuité de l’enjeu ne lui laissait d’autre choix que de s’engager. « Je me suis senti tenu de prendre part à ce projet, car il s’agit d’un débat d’une importance capitale qui se déroule en ce moment », a-t-il affirmé. « Nous avons donc le devoir d’éclairer le public sur le projet de loi d’amendement en cours. » Pour Guzha, la fonction des arts revêt une acuité accrue en période de crispation politique. « Lorsque toutes les autres instances d’une société font défaut, il appartient aux arts de se hisser à la hauteur des circonstances », a-t-il déclaré. « Une société dont les conteurs narrent des récits en dissonance avec leur temps est une société atteinte dans sa vitalité. » Bodo est un monologue qui puise dans le Ngano, méthode traditionnelle de narration shona, pour la conjuguer à des dispositifs visuels et sonores contemporains, engendrant ainsi une expérience immersive. Par cette alliance entre héritage et théâtre moderne, Guzha ambitionne non seulement de divertir, mais encore de susciter la réflexion et le dialogue. Alors que le Zimbabwe traverse une phase de mutation constitutionnelle potentiellement déterminante, des œuvres telles que Bodo illustrent la permanence du rôle des arts dans la mise en question du pouvoir et dans l’amplification de la voix des citoyens. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreMpago : l’alliance des Mpongwè avec la mer
Le dimanche dernier, le peuple Mpongwè a célébré au Gabon le Mpago, tradition animiste visant notamment à assurer la préservation du littoral, aujourd’hui menacé par la montée des eaux. Ce rituel a rassemblé plusieurs centaines d’autochtones dans un village de la péninsule de la Pointe Denis. Durant plusieurs jours, des cérémonies ancestrales s’y sont déroulées. « Au Gabon, nous ne sommes pas les seuls à observer ce rituel. Toutefois, dans la région de l’Estuaire, le clan Assiga en demeure l’unique dépositaire. Le Mpago consiste à présenter des offrandes aux esprits de la mer. Il s’agit d’établir une communion entre les esprits marins, nos ancêtres, les Agombés, et la divinité », expose Gérard-Aimé Adande, petit-fils du prince Félix Adande Rapontchombo, du clan Assiga. « Afin de garantir la stabilité du pays et de nos eaux, nous observons ce cérémonial tous les cinq ans », ajoute-t-il. Pendant toute la durée du week-end, il est fortement déconseillé de s’adonner à une quelconque activité nautique, qu’il s’agisse de traversées, de pêche ou de baignade. Une circulaire officielle a d’ailleurs été publiée à l’intention des habitants de la capitale pour les en informer. Au cours de ces rites traditionnels, les descendants de la lignée royale se rendent, durant la nuit, au cimetière afin de fleurir les sépultures de leurs aïeux, avant de poursuivre les étapes liées à l’élément aquatique. « Chez nous, les Mpongwè, c’est le Ndjembé qui maintient le pays. Ce sont les femmes qui le soutiennent. Par le rite initiatique Ndjembé, les femmes Mpongwè, ou Myénè en général, affermissent le pays. Étant sur les terres des Mpongwè, il est naturel que le Mpago soit porté par les femmes Mpongwè, notamment celles du Ndjembé », relate Paulette Akoni, membre du clan Assiga. Ce rituel ancestral se tient dans la région tous les cinq ans. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreHarabaye : transmettre le Burundi par le conte
À l’âge de 33 ans, Aïta Chancella Kanyange, écrivaine burundaise, consacre son œuvre à la mise en valeur des traditions de son pays. Elle compose des contes destinés aux enfants âgés de 2 à 10 ans et a d’ores et déjà publié deux tomes de son recueil intitulé Harabaye : Il était une fois. Rédigées en kirundi, en français et en anglais, ses narrations puisent leur substance dans la culture burundaise. Sa vocation littéraire s’enracine dans son expérience maternelle. Mère de deux jeunes enfants, elle relate : « À la naissance de mon premier fils, passionnée de longue date par la lecture et l’écriture, j’ai entrepris de l’initier aux livres. En quête d’ouvrages appropriés, j’ai constaté que les seuls titres disponibles provenaient de l’étranger et dépeignaient des réalités étrangères à celles des enfants du Burundi. L’idée m’est alors venue d’écrire pour la jeunesse burundaise. » Outre la qualité de son écriture, l’œuvre d’Aïta Chancella Kanyange se distingue par des illustrations aux tonalités vives, particulièrement propres à retenir l’attention des plus jeunes. « Les enfants appréhendent le monde d’abord par le visuel. Les images leur parlent davantage que les mots », précise-t-elle. « Un enfant ne sachant pas encore lire peut ainsi déchiffrer le récit par l’intermédiaire des images. » Par son travail, l’écrivaine nourrit l’espoir de permettre aux enfants burundais d’assimiler, dès leur prime enfance, les fondements culturels de leur pays. Elle exhorte les parents à ne pas délaisser leurs enfants face aux écrans et rappelle que l’éducation relève en premier lieu de leur responsabilité. Son approche rencontre déjà l’adhésion de certaines familles. Evelyne Nkunzimana, qui accompagne sa progéniture à des séances de lecture, observe : « Nos enfants sont continuellement exposés aux écrans. Dans Harabaye, les images sont éloquentes en elles-mêmes. Or, pour les enfants, les images sont un langage qui résonne avec force. » Éditeur responsable Bamtv
Read MoreL’art en partage : Steffy Mayimona présente son œuvre à Liège
À Liège, plus précisément à Ans, l’artiste peintre d’origine congolaise Steffy Mayimona convie le public à découvrir son univers à l’occasion de son tout premier vernissage. L’événement, pensé avec minutie, se veut le reflet d’un talent nourri par la transmission et la mémoire. Chaque œuvre exposée dévoilera une facette inédite de cet ensemble artistique foisonnant de révélations. Le programme exhaustif de la manifestation sera communiqué ultérieurement ; il convient dès lors de demeurer attentif aux prochaines annonces. La rencontre se tiendra le samedi 26 avril 2026, de 13 heures à 21 heures, au 5, Rue du 15 Août, 4430 Ans. L’ensemble des modalités pratiques figure sur le support de communication dédié. Par ailleurs, Bel Afrika Media réaffirme son engagement en faveur des créateurs issus de la diaspora établis en Belgique. Les artistes désireux de bénéficier d’une couverture médiatique ou d’un entretien en studio sont invités à prendre attache via les coordonnées mentionnées dans la biographie. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreMariages britanniques : l’art de résister à la pression des coûts
Au Royaume-Uni, l’industrie nuptiale compose avec une hausse marquée des prix du carburant, phénomène qui déstabilise l’ensemble de ses chaînes logistiques. Dans ce contexte, une création signée Alan Hannah, robe de mariée peinte à la main et confectionnée sur mesure dans son atelier londonien, se négocie aux alentours de 5 000 livres sterling, somme conséquente pour une toilette vouée, dans la majorité des cas, à un usage unique. La future épouse y choisit librement la palette chromatique ainsi que le motif appliqué sur le textile. « L’inflation est générale. Nous nous efforçons de contenir nos tarifs autant que faire se peut, mais il s’agit d’une réalité économique à laquelle nul n’échappe », souligne Joséphine Scott, créatrice au sein de la maison. La demande, quant à elle, semble résister. « Chaque crise entraîne un renchérissement du transport des matières premières comme des pièces achevées. Nous exerçons depuis trente-cinq ans : les cycles de prix nous sont familiers et nous avons appris à nous y adapter », rappelle Alan Hannah. L’incidence de cette conjoncture dépasse le seul vêtement nuptial : carburant des limousines, ingrédients composant les pièces montées, fleurs importées par voie aérienne, tout subit la même pression tarifaire. Pour les célébrations organisées à l’étranger, Sharron Masoura, fondatrice d’Exclusive Yacht Weddings à Paphos, se veut rassurante : « L’inquiétude fut vive lorsque les tensions ont gagné l’Iran, le Liban ou Israël. Pour autant, notre activité n’en a pas été affectée. Le principal poste demeure le carburant des yachts, certes coûteux, auquel s’ajoutent décorations, orchestres et transports. Ces surcoûts, nous les avons déjà absorbés et continuerons de le faire. » Ainsi, les professionnels du mariage à destination mettent en avant leur capacité d’anticipation, présentée comme le meilleur rempart contre les aléas de dernière minute liés aux soubresauts géopolitiques du Moyen-Orient. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreCulture : le Cap-Vert, terre de musique et de créativité
L’archipel du Cap-Vert est une nation qui se définit par sa musique, un patrimoine culturel riche et vibrant qui a conquis le monde grâce à la grande Cesária Évora. Aujourd’hui, les talents continuent de fleurir sur ces îles, et l’Atlantic Music Expo (AME) est la vitrine de cette créativité débordante. Ce marché professionnel et festival grand public a révélé de jeunes artistes exceptionnels, comme Alicia Freitas, une prodige de 16 ans qui vient de signer son premier album avec neuf compositions originales. « Notre culture et notre identité risquent de se fragmenter, faute de passeurs », déclare Alicia Freitas, compositrice et pianiste. « J’espère que d’autres jeunes de mon âge verront les fruits de cet engagement — une tradition qui ne peut pas se perdre. » Ineida Moniz, musicienne cap-verdienne, tisse les rythmes traditionnels de l’archipel aux couleurs du monde contemporain, créant une fusion ancrée et ouverte. « Je maintiens ma capverdianité, tout en insufflant une fraîcheur nouvelle à la musique de l’archipel », déclare-t-elle. Le Matos Trio, une formation en trio née en 2024, aborde la musique comme une exploration de chemins invisibles, où les racines capverdiennes croisent la liberté harmonique du jazz. « La musique capverdienne est universelle », explique Carlos Matos, compositeur et pianiste de jazz. « Il y a là une richesse d’ingrédients qui appelle encore bien des explorations. » L’Atlantic Music Expo cède le pas ce week-end au Kriol Jazz Festival, deux événements qui sont devenus un véritable aimant touristique pour l’archipel. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreAriana, lauréate de House of Challenge 2026 : un triomphe pour Haïti
La 8ᵉ édition de House of Challenge, organisée par le groupe Bovann à Lomé, a été marquée par la victoire éclatante d’Ariana, représentante d’Haïti. Cet événement d’envergure, qui a réuni des talents de tout le continent, a été couronné de succès devant un public nombreux et en présence des autorités de Baguida, venues témoigner leur soutien à cette initiative qui valorise l’Afrique et ses nations. Ariana a su s’imposer avec brio, devançant le Cameroun et le Mali, respectivement deuxième et troisième. Malgré quelques critiques émises par les internautes, l’événement a été un véritable triomphe, permettant de mettre en lumière les talents et les initiatives des jeunes Africains. Sacrée gagnante et désormais ambassadrice de House of Challenge, Ariana a reçu une récompense exceptionnelle, comprenant un chèque de 20 000 000 de francs CFA, une voiture et un voyage en Chine. Ce voyage lui permettra de découvrir le pays et d’identifier des opportunités à exploiter pour Haïti, en compagnie des organisateurs, Jojo et Bonan. Sur place, elle aura également la possibilité de choisir une voiture offerte par le groupe Bovann. À cela s’ajoute un financement supplémentaire de 10 000 000 de francs CFA destiné à la réalisation de son projet. La soirée s’est conclue dans une ambiance chaleureuse, marquée par l’amour et le partage, avec des récompenses financières pour tous les participants, ainsi qu’une visibilité accrue et une expérience enrichissante acquise tout au long de la compétition. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreRDC/Culture : Simon Kimbangu, le prophète de la libération congolaise
Simon Kimbangu, fondateur de l’une des plus grandes Églises indépendantes d’Afrique, a laissé un héritage indélébile dans l’histoire de la République démocratique du Congo (RDC) et au-delà. Après avoir passé 30 ans en prison, exilé loin de son foyer par les autorités coloniales belges qui considéraient son mouvement comme une menace, Kimbangu est devenu un symbole de résistance et de libération pour son peuple. Son message religieux, axé sur la non-violence, l’autonomie et la résilience, s’est propagé à travers la RDC et a atteint la Belgique, faisant de lui une figure charismatique et influente. Aujourd’hui, des pèlerins affluent vers Nkamba, village situé au sud de Kinshasa, devenu un haut lieu spirituel où les fidèles rendent hommage au prophète. Le 6 avril est officiellement célébré comme la Journée Kimbangu, dédiée à « la lutte de Simon Kimbangu et à la conscience africaine ». Certains le comparent à Nelson Mandela, soulignant un destin marqué par la souffrance et la résistance, mais une reconnaissance internationale plus limitée. L’Église kimbanguiste, officiellement Église de Jésus-Christ sur la Terre par le prophète Simon Kimbangu, revendique entre 6 et 17 millions de fidèles. Son centre spirituel, Nkamba, surnommé la « Nouvelle Jérusalem », incarne le cœur du mouvement. Dans un contexte de crise sécuritaire majeure dans l’est de la RDC, où la ville de Goma est sous contrôle du groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, l’héritage de Kimbangu prend une résonance particulière. Les responsables kimbanguistes rappellent que le prophète s’est sacrifié pour libérer son peuple, tandis que certains intellectuels dénoncent une élite déconnectée, davantage préoccupée par l’enrichissement personnel que par le bien commun. L’héritage de Kimbangu demeure un repère moral pour les Congolais, un appel à la lutte pour les droits et la dignité. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreLe carnaval Fanti : un héritage culturel afro-brésilien à Lagos
Le carnaval Fanti, événement emblématique de Lagos, au Nigeria, a une nouvelle fois enflammé les rues de la ville avec ses couleurs vives, ses costumes spectaculaires et sa musique entraînante. Cette célébration met en lumière un héritage culturel unique, issu de la rencontre entre l’Afrique de l’Ouest et le Brésil. Chaque année, habitants, touristes et groupes culturels se rassemblent pour assister à des défilés hauts en couleur, mêlant danses, performances artistiques et traditions ancestrales. « Je suis déjà allée au Brésil… J’adore l’énergie et la richesse artistique qu’ils créent. Peu importe que l’on gagne ou non, nous restons tous amis », confie Glamour Sandra, participante fidèle. Au-delà du spectacle, le carnaval Fanti raconte une histoire profonde, celle des Afro-Brésiliens, descendants d’anciens esclaves revenus du Brésil au XIXe siècle. Installés à Lagos, ils ont introduit des éléments culturels tels que la samba, certaines pratiques religieuses et l’esprit carnavalesque, désormais ancrés dans l’identité de la ville. Pour de nombreux participants, cet événement est également un devoir de mémoire. « Ce carnaval est très important pour l’histoire de Lagos… Il est essentiel de préserver cela pour les générations futures », souligne Ademola Oduyebo. Relancé ces dernières années par les autorités locales et les acteurs culturels, le carnaval vise à valoriser et transmettre cet héritage unique. Il s’impose aujourd’hui comme l’un des festivals culturels majeurs d’Afrique de l’Ouest. Certains appellent toutefois à renforcer les liens avec ses racines. « C’est une culture afro-brésilienne… Nous aimerions voir davantage de collaboration avec le Brésil », explique Kolawole Fatai. Entre tradition et modernité, le carnaval Fanti incarne ainsi un pont vivant entre deux continents, célébrant à la fois l’histoire, l’identité et la diversité culturelle de Lagos. Éditeur responsable Bamtv
Read MoreLa Bolex, une caméra, un art : une rétrospective au Cinéma Nova
Le Cinéma Nova à Bruxelles présente une programmation exceptionnelle dédiée à la Bolex, caméra emblématique inventée en 1928, du 10 avril au 31 mai. Cette rétrospective propose une sélection de courts et longs métrages, ainsi que des documentaires de diverses époques, tous tournés avec cet appareil légendaire. L’événement s’ouvre sur une exposition qui retrace l’histoire de la Bolex à travers différents modèles, présentés par Boris Belay, l’un des derniers réparateurs de la caméra en Belgique et cofondateur de la Maison de l’argentique. Un atelier pratique de démontage de la caméra sera également proposé, offrant une occasion unique de découvrir son fonctionnement. Vincent Sorrel, chercheur à l’université de Grenoble, tiendra une conférence sur les spécificités techniques de la caméra, tandis que des films de René Vautier, pionnier du cinéma anticolonialiste, seront projetés. Les œuvres de Boris Lehman et Rose Lowder, ainsi qu’une compilation de courts métrages contemporains, « Bolex Voto », complètent la programmation. La documentariste Marie Loisier présentera ses derniers films, tournés avec la Bolex, et Guy Shervin, figure de la coopérative londonienne « London Filmmakers’ Coop », sera également présent. Le Cinéma Nova mettra également à l’honneur la création féminine avec « Women got the Bolex », un programme de films réalisés par des femmes de la LFMC des années 70 aux années 2010. Éditeur responsable Bamtv
Read More