Bruxelles : l’urgence avant la polémique
Les nouvelles fusillades survenues dans la capitale relancent immanquablement le débat médiatique : faut-il porter secours à Bruxelles ou exiger d’abord qu’elle réforme ses propres structures ? L’Avenir le formule sans détour : après chaque acte de violence, la même joute reprend. La N-VA incrimine les communes socialistes, le MR invoque l’héritage de vingt années de gestion, tandis que les bourgmestres PS de Saint-Gilles, Anderlecht et Forest dénoncent l’insuffisance des moyens. Or ces échanges, estime l’éditorialiste, éludent la question essentielle. Face à des réseaux criminels transcommunaux, la réponse ne saurait se réduire à des règlements de comptes partisans. Elle exige des policiers, des enquêteurs, des magistrats et des douaniers, ainsi qu’une coordination qui transcende les limites des communes et des zones de police.
De Morgen rappelle la gravité du moment : nous sommes « à quelques centimètres de compter des victimes parmi la population civile ». Imputer la crise aux seuls socialistes n’est pas plus pertinent que d’accuser la N-VA pour la flambée de violence à Anvers. La réalité est plus systémique. L’offre de drogue, abondante, bon marché et puissante, rencontre une demande massive et alimente un marché de revente qui se consolide par la violence. Dans ce contexte, renoncer à l’action publique au prétexte de la complexité serait une faute. Le quotidien flamand propose plusieurs pistes : une autorité de commandement unique contre le trafic, un durcissement des peines et de la détention, et une politique migratoire cohérente afin d’éviter que des personnes déboutées ne demeurent sans encadrement.
Comparer Bruxelles à Anvers ne va toutefois pas de soi. La métropole portuaire, avec un seul bourgmestre et une seule zone de police, a pu bénéficier d’un soutien ciblé. Gazet Van Antwerpen estime que la capitale ne pourra prétendre à une solidarité équivalente qu’à condition d’adopter une gouvernance similaire. Quant à la nomination d’un commissaire aux drogues, le journal y voit surtout l’ajout d’un échelon supplémentaire, sans remède aux « dix-neuf baronnies » communales. Sa conclusion est tranchée : si Bruxelles souhaite le concours fédéral, elle doit au préalable rétablir l’ordre dans son propre fonctionnement.
Crédit Photo : RTBF

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