Bruxelles : faut-il bétonner ses dernières friches ?
À quelques pas des artères les plus fréquentées de Bruxelles, une nature insoupçonnée s’épanouit. Renards, faucons pèlerins, hérissons, orchidées sauvages… Les friches urbaines, longtemps perçues comme des terrains vagues, sont devenues des refuges de biodiversité. Dans son documentaire Res Nullius, le photographe et vidéaste Thomas Jean exhorte à considérer ces sols vivants comme un patrimoine à part entière, et non comme une simple réserve foncière.
À l’heure où la Région compte plus de 60 000 ménages en attente de logement social, il dénonce la tentation d’imperméabiliser ces derniers îlots naturels.
Conscient de l’urgence du logement, Thomas Jean ne plaide pas pour l’immobilisme. Il propose d’autres leviers : démolir le bâti dégradé, rénover l’existant et convertir les bureaux vacants. Loger et préserver la biodiversité ne seraient pas antinomiques, à condition de ne pas sacrifier l’un au profit de l’autre, sous peine de « se tirer une balle dans le pied ». Il se montre également circonspect quant aux grands projets mixtes à l’instar de Tour & Taxis ou Josaphat, où les engagements initiaux en matière de logement social et de nature n’auraient pas été respectés.
À travers Res Nullius, littéralement « chose n’appartenant à personne », Thomas Jean entend modifier le regard porté sur ces espaces. Ils ne sont pas vides : ils sont déjà habités. Son objectif avec La Minute Sauvage, devenu un média engagé, n’est pas de choquer mais d’informer. Filmer un couple de castors, premier observé à Bruxelles, ou un sanglier dans la Woluwe, c’est démontrer que la capitale abrite une faune bien plus riche que celle des pigeons et des rats.
Crédit Photo : Thomas Jean, photographe animalier, vidéaste et réalisateur du documentaire Res Nullius. Il a fondé en 2017 la chaîne YouTube « La Minute Sauvage », consacrée à la faune sauvage en milieu urbain. © RTBF
Source : RTBF

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