Belgique/Impôts locaux 2026 : jusqu’à 1000€ d’écart selon votre commune
Pour la première fois depuis les élections communales d’octobre 2024, les nouvelles majorités ont pu réviser la fiscalité locale. Décrypte a analysé les décisions des 280 communes de Wallonie et de Bruxelles. Le constat est net : 220 communes ont maintenu leurs taux, 7 les ont abaissés et 53 les ont relevés. Derrière ces arbitrages se cachent deux leviers essentiels aux finances communales, représentant à eux seuls 35% de leurs recettes : l’additionnel à l’Impôt des Personnes Physiques et les centimes additionnels au précompte immobilier.
Le premier, un pourcentage qui s’ajoute à l’impôt sur le revenu et qui peut atteindre 8,8%, touche les salaires, pensions et allocations. Le second, prélevé sur les propriétaires, se calcule sur le revenu cadastral indexé du bien. Selon nos calculs, pour un même profil familial, l’écart de charge fiscale entre une commune à fiscalité basse et une commune à fiscalité élevée peut atteindre 1000 euros par an.
Cette nouvelle mandature marque un tournant. Face aux pressions budgétaires, à la hausse des coûts du CPAS, aux pensions et au sous-financement de la police, une majorité de communes a préféré la stabilité. Mais 35 d’entre elles ont choisi d’alourdir le précompte immobilier, notamment une commune bruxelloise sur deux : Auderghem, Uccle, Etterbeek, Saint-Josse-ten-Noode où la hausse est la plus forte du pays. D’autres ont opté pour une augmentation de l’IPP : Léglise, Virton, Wavre, Molenbeek-Saint-Jean.
Certaines ont atteint le plafond légal de 8,8% et ne disposent plus de marge de manœuvre. A l’inverse, seules trois communes réduisent le précompte immobilier et deux l’IPP. L’enjeu est donc moins d’augmenter globalement la pression fiscale que de la redistribuer.
C’est là qu’apparaît la notion de « tax shift » communal. Six communes, dont Bruxelles-Ville, Gembloux, Spa et Esneux, ont diminué l’IPP tout en relevant le précompte immobilier. A Bruxelles-Ville, la stratégie est assumée : l’augmentation est compensée pour les propriétaires occupants par une prime de 100 euros, tandis que les bailleurs, beaucoup plus nombreux, supportent l’essentiel de l’effort. Résultat attendu : 32 millions d’euros de recettes supplémentaires et jusqu’à 250 euros de gain net pour un habitant au salaire médian.
Pour le contribuable, le message est clair : à partir de 2026 et jusqu’en 2030, votre commune de résidence pèsera lourdement sur votre budget. Entre Amblève, la moins taxée, et Ath ou La Louvière, les plus taxées, la différence atteint déjà 1000 euros. Le lieu de vie devient plus que jamais un choix fiscal.
Éditeur responsable Bamtv

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