Belgique : Bruxelles place la police sous commandement unique
Face à la recrudescence des violences liées aux réseaux de trafic de stupéfiants, la Conférence des bourgmestres décide d’un renforcement immédiat des dispositifs de sécurité. Les six zones de police bruxelloises, appelées à terme à fusionner, sont placées sous commandement unique afin d’accroître la présence policière dans les quartiers concernés, en particulier en soirée et durant la nuit. Les chefs de corps sont chargés de mobiliser davantage les unités spécialisées, dont les SAU qui rassemblent 170 agents. L’unité d’intervention et de maintien de l’ordre voit également ses effectifs appelés à croître de 140 agents, afin de prendre en charge les missions événementielles et de libérer les équipes de proximité pour un travail de terrain plus soutenu. Les brigades canines sont, elles aussi, intégrées à ce commandement unifié avec un déploiement accru dans les secteurs prioritaires.
La seule présence sur le terrain ne saurait toutefois suffire à démanteler durablement ces réseaux. La Conférence insiste sur la nécessité de renforcer la police judiciaire fédérale, à qui 80 enquêteurs supplémentaires font défaut depuis des années selon les 19 bourgmestres. Une meilleure coordination des unités de recherche est également réclamée pour « couper les ailes » aux organisations criminelles. Le volet social n’est pas négligé : la vulnérabilité administrative et le manque de perspectives constituent un terreau exploité par ces réseaux. La Ville de Bruxelles s’engage à ouvrir 450 places d’accueil supplémentaires et exhorte le fédéral à porter à 200 places la capacité des centres fermés. « Il est inadmissible que des personnes mises à disposition par le parquet soient relâchées faute de place. Des casernes militaires devraient pouvoir être mobilisées rapidement à cet effet », plaident les bourgmestres.
La réponse ne peut reposer exclusivement sur la répression. Les bourgmestres rappellent l’importance de la prévention dans les quartiers et de l’accompagnement des personnes touchées par les assuétudes. Ils demandent à la Région de maintenir et d’amplifier les moyens des plans communaux de prévention, ainsi que le soutien aux associations de réduction des risques telles que Transit, dont l’utilité est, selon eux, démontrée sur le terrain. Cette prise de position intervient alors que le gouvernement Dilliès vient de réduire drastiquement les subventions à plusieurs acteurs associatifs actifs dans ce domaine.
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