Afrique : L’Ouganda envoie ses troupes à Gaza
Jeudi, le Parlement ougandais a entériné la décision du président Yoweri Museveni de déployer les Forces de défense populaires de l’Ouganda au sein de la Force internationale de stabilisation prévue pour la bande de Gaza. Ce contingent s’inscrirait dans le dispositif élaboré fin juillet à la suite d’un accord de désarmement, sous l’égide du Conseil de la paix, une structure créée à l’initiative du président américain Donald Trump pour préparer l’après-conflit.
Selon une source de cette organisation, quatre autres États se sont dits disposés à y participer : le Maroc, le Kosovo, l’Albanie et le Kazakhstan. La mission confiée à cette force serait d’assurer la sécurité d’une « zone humanitaire » destinée à accueillir des dizaines de milliers de Palestiniens après un contrôle préalable, avec une liberté de circulation à l’intérieur et à l’extérieur de ce périmètre. Un projet qui suscite toutefois des réserves au sein des acteurs humanitaires, en raison du principe même des zones fermées.
Devant les députés, le général Henry Matsiko a salué ce choix comme la marque d’un engagement ougandais en faveur de la stabilité mondiale. « Nous sommes le pilier de la stabilité dans un océan de turbulences », a-t-il affirmé. Mais la résolution n’a pas recueilli l’unanimité. Le député Karim Masaba a mis en garde contre un engagement dans un théâtre aussi périlleux, où les frappes israéliennes demeurent fréquentes. Le contexte diplomatique reste en effet incertain : mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué n’avoir pas accepté la dernière feuille de route pour Gaza, y compris la condition d’un retrait israélien subordonné au désarmement du Hamas.
L’implication de Kampala s’explique aussi par des liens politiques et symboliques forts avec Israël. Le chef de l’armée, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président, a multiplié les déclarations de soutien à l’État hébreu sur les réseaux sociaux, affirmant en janvier que « Israël est dans notre sang ». Samedi dernier, il a inauguré une statue de Yoni Netanyahu à Entebbe, en mémoire du raid de 1976 au cours duquel des commandos israéliens avaient libéré plus de 100 otages détenus par des pirates de l’air pro-palestiniens. Yoni Netanyahu, frère de l’actuel Premier ministre et seul militaire israélien tué lors de l’opération, y avait perdu la vie. Un passé qui pèse encore lourd dans la décision ougandaise d’aujourd’hui.
Éditeur responsable Bamtv
Crédit photo : Mediapart

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